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22.10.11

Lorsqu’en 1959, au cœur de Manhattan, Miles Davis s’enferme dans une église désaffectée transformée en studio pour enregistrer à la tête d’un incroyable « dream sextet » (John Coltrane, Bill Evans, Cannonball Adderley, Wynton Kelly, Paul Chambers et Jimmy Cobb), l’album Kind Of Blue, il fait beaucoup plus que de graver le disque de jazz le plus connu et le plus vendu à ce jour à travers le monde : il met en marche une révolution musicale dont on mesure probablement encore mal aujourd’hui, un demi-siècle plus tard, les limites et la portée.
Ce livre explore cette incandescente odyssée. S’il existe de nombreux ouvrages sur le mystère Kind Of Blue, celui-ci est en effet unique en son genre. Au fil de ces pages érudites et passionnées, mais d’une limpide évidence, le journaliste Richard Williams retrace les correspondances entre ce chef d’œuvre absolu de Miles Davis et bon nombre des avant-gardes culturelles de son époque. Analyse son impact sur le jazz à venir, de Keith Jarrett à Jan Garbarek, en passant par l’esthétique du label ECM. Souligne son influence déterminante sur les compositions de Terry Riley, Steve Reich ou La Monte Young. Met à jour, enfin, son héritage sur le rock de Soft Machine, du Velvet Underground ou de Brian Eno et même… sur le funk torride de James Brown ! Bref, éclaire un pan entier de l’histoire de la musique contemporaine sous un jour nouveau. Sous une lumière bleue qui n’en finit plus de briller.


28.5.11

Open Field








pochette du CD
d'électro ambient expérimentale de Mathieu Bec


écouter ici

2.5.10

11.11.08

Miles Davis

Extrait de "Electrique Miles Davis, 1968-1975" de Laurent Cugny

" Il devient donc encore plus difficile de faire la part de la composition, de l'arrangement et de l'interprétation, qui se fondent en un même processus. La notion même de morceau se dissout dans ce processus. Ce sont des fragments qui seront ultérieurement découpés, assemblés, pour former des "pièces". Plus que jamais, Miles Davis "compose", au sens propre, avec presque rien. Chacune des pièces peut se résumer à quelques idées : un rythme, une ligne mélodique, une opposition de climats ou d'instrumentations, et voilà tout. Avec quelques éléments, il pétrit sa pâte, sans plan préalable, se laissant guider par son intuition, son flair. L'habillage, le mot "finition" n'a pas sa place ici. Cela marche-t-il ? La chose est à décider à chaque nouvelle écoute. Mais le fait, justement, que l'on réécoute est déjà en soi un début de réponse."

John Coltrane


Extrait de "Le cas Coltrane" de Alain Gerber

"Son jazz n'est qu'une grouillante tentative, un génial enchevêtrement de ratés et de ratages - même lorsqu'il nous parait rétrospectivement d'une perfection "classique" (My Favourite Things) Trane n'a jamais rien achevé, jamais atteint son but. En cela il a tordu le cou à une certaine esthétique héritée de l'Occident, il a dédaigné - par incapacité d'y souscrire - la sainte notion d'œuvre, de factum clos et voué à l'intemporalité. Sans le temps, le jazz coltranien n'est rien (sans l'histoire). Voilà sa révolution. Avec lui, aprés lui, ce n'est plus le produit qui compte, c'est la production."

My Favourite Things